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« Le travail à l’heure anglaise », à voir dans Envoyé Spécial le 01/05 à 20h45 sur France 2

Un sujet de Wandrille Lanos

Avec moins de 8 % de chômeurs, le modèle anglais intrigue une Europe en pleine crise économique. Son mot d’ordre : la flexibilité. Dans tous les secteurs, les Anglais apprennent à ne plus compter leurs heures. Ils oublient les horaires fixes et la pause pour le thé. Une conception du travail qui semble très éloignée de de celle de la France.

Une équipe d’Envoyé Spécial a enquêté sur ce modèle. Elle a rencontré des entrepreneurs français qui s’installent à Londres parce que le droit du travail leur paraît moins contraignant, et des salariés qui estiment bénéficier de cette souplesse. Mais les journalistes Wandrille Lanos, Donatien Lemaître et Bertrand Jeanneau ont également enquêté sur des aspects plus controversés de ce modèle, comme le contrat « zéro heure » : un contrat qui ne garantit pas aux employés qui le signent un nombre d’heures de travail minimum. Entre 250 000 et 5 millions de Britanniques seraient actuellement concernés. S’il permet à certains de s’organiser pour développer des projets personnels, le contrat zéro heure est surtout à l’origine d’une précarité grandissante dans le pays. Des gratte-ciels du quartier d’affaires de la City à la banlieue de Newcastle, voyage au cœur d’une Angleterre prête à tout pour travailler.

"Envoyé Spécial – Chômage : enquête sur les chiffres du Pôle Emploi", le 30/01 à 20h45 sur France 2

Un sujet de Donatien Lemaître

C’est un rituel en France depuis les années 60. Les chiffres du chômage sont publiés tous les mois et commentés par les hommes politiques et les journalistes. A l’heure où l’inversion de la courbe promise par François Hollande est un enjeu crucial pour le gouvernement, une équipe d’Envoyé Spécial a pu pénétrer dans les coulisses des chiffres de Pôle emploi.

Avec les statisticiens du Ministère du travail, 4 jours avant la publication des données, puis avec le ministre Michel Sapin au moment où il en prend connaissance, jusqu’aux rédactions 24 heures plus tard, itinéraire d’une information hautement sensible qui circule sous le plus strict embargo.

Donatien Lemaître a aussi enquêté sur tous ces Français qui ne travaillent pas et qui n’apparaissent pas dans les statistiques de Pôle emploi. Enfin, il a suivi la course aux signatures pour les emplois d’avenir, le dispositif mis en place par le gouvernement pour faire reculer rapidement le nombre de demandeurs d’emplois. Son enquête pose une question : les chiffres mensuels de Pôle emploi reflètent-ils la réalité du chômage en France ?

Envoyé Spécial
Enquête sur les chiffres du Pôle Emploi
A voir le 30/01 à 20h45 sur France 2

« Les Infiltrés : Pôle Emploi, mission impossible », vendredi 01/02 à 22h50 sur France 2

Les infiltrés reviennent sur France2 avec quatre numéros. Comme à chaque fois les équipes de CAPA ont saisi une réalité qu’on ne voit pas habituellement, surtout lorsqu’on se présente comme un journaliste.

A travers les infiltrations réalisées sur plusieurs mois, et dont certaines ont commencé il y a plus d’un an, les infiltrés ont saisi avec leur caméra cachée ce que souvent les institutions, les lobbys, ne veulent pas montrer.

Les « infiltrés » chez Pôle emploi :

Cette année les « infiltrés » se sont intéressés à des « systèmes » que tout le monde connaît, mais dont personne ne peut imaginer l’univers kafkaïen. Comme par exemple Pôle Emploi, l’organisme qui gère les chômeurs, qui les aide à retrouver un travail. Un sujet d’actualité s’il en est, au moment ou le nombre de demandeur d’emploi ne cesse d’augmenter. Aujourd’hui Pôle emploi accompagne plus de 3 millions de personnes, presque un million de plus qu’il y a 4 ans au moment de sa création. Pour faire face à cette vague l’organisme a recruté des agents en CDD d’un an dans le courant de l’année 2012. L’une de nos journalistes a réussi à se faire embaucher dans une agence importante d’une grande ville française. Une embauche presque à la va-vite, sans vraie sélection et avec une formation sur le tas. Et pendant ce temps-là, cette même agence remerciait des agents formés qui finissaient un CDD de deux ans…

Jour après jour cette infiltrée a découvert la réalité du quotidien des conseillers Pôle emploi. Des conseillers en sous-effectifs chroniques, écrasés par la bureaucratie et des directives inapplicables, confrontés à la misère – parfois à la violence – et scandalisé par la politique du chiffre. Elle a découvert comment le système « oubliait des chômeurs » jugés « incasables », et dont aucun conseiller ne suivait le dossier.

Mais ce qu’à découvert également notre journaliste infiltrée, c’est le dévouement fréquent des agents qui n’hésitent pas à trouver des solutions aux demandeurs d’emplois grâce à une bonne dose de système D.

Parallèlement à ce tournage en infiltration une autre équipe de journaliste a durant quatre mois fait des demandes officielles de tournage dans une agence Pôle emploi pour pouvoir rencontrer des agents, discuter de leur condition de travail et les filmer dans leurs activités. Ces demandes à la direction de la communication de Pôle emploi n’ont pas abouti, l’organisme ne souhaitant pas donner d’autorisation de tournage.

« 21 jours à l’usine », un documentaire d’Alexandra Alévêque et Alexis Marant, le 18/09 à partir de 22h50 sur France 2

Où en sont les ouvriers en 2012 ? Pour France 2 et 21 jours, la journaliste Alexandra Alévêque a expérimenté pendant 21 jours le travail en usine. Combien sont-ils, ces cols bleus, hier au centre de toutes les luttes ? Comment vivent-ils ?

Invisibles dans les médias, ils sont encore nombreux dans les usines: près de 6 millions. C’est un actif sur 4, et pourtant cette population massive occupe 2% seulement de l’espace médiatique (source: Observatoire des Inégalités). Pour les comprendre, la journaliste Alexandra Alévêque s’est installée dans la région de Sochaux, berceau historique de Peugeot, au moment où la marque du Lion s’apprête à célébrer les 100 ans de son usine, le 15 septembre prochain. Pendant 21 jours, elle a fait l’expérience du travail en usine pour un sous-traitant automobile.

Levée à 3 heures et demi avec l’équipe du matin, Alexandra Alévêque va travailler à l’atelier soudure de Sideo-RDT, une PME de 60 employés. Un travail non qualifié, qu’elle apprendra sur le tas. Se présentant de façon transparente comme journaliste, elle sera employée à titre gratuit et ne prendra la place d’aucun autre salarié. Son expérience commence fin avril, entre les deux tours de la présidentielle, et se termine mi-mai. Deux mois plus tard, le groupe PSA annoncera la suppression de 8000 emplois, dont plus de 500 sur le site de Sochaux. Mais dans leur quotidien de sous-traitants, les collègues d’Alexandra sont déjà conscients que l’avenir est sombre.

Hébergée dans un foyer de jeunes travailleurs, Alexandra nouera des liens avec ses voisins de palier et collègues d’atelier. Elle peindra à petites touches le tableau sensible d’un monde ouvrier inquiet, dont les espoirs et les acquis s’effritent peu à peu. Il y a Gilbert, un collègue soudeur, qui à 51 ans gagne tout juste de quoi boucler le budget familial, et qui, à l’unisson de sa femme et de ses trois enfants, assume ouvertement un vote Front National.

Il y a Brian, 21 ans, un vieux routier déjà de la recherche d’emploi. Cinq ans de galères et de petits boulots. Cinq ans de va-et-vient entre chômage et contrats courts. Il y a Claudine, 48 ans, perpétuelle intérimaire, qui accepte toutes les missions et qui même malade va travailler, avec le sourire, “pour pas qu’on s’en rende compte ».

Il y a Christian, 61 ans, jeune retraité et vieux militant. 40 années chez Peugeot, et l’amertume de voir la traditionnelle solidarité ouvrière s’effriter avec la précarisation des plus jeunes et la montée du chômage.

Et puis il y a tous les autres, collègues de travail ou rencontres de hasard. Toutes ces petites mains de l’automobile qui n’arrivent pas à voir plus loin que la fin du mois. Ces travailleurs qui sont les visages de la désindustrialisation. Ces ouvriers inquiets, qui se livrent sans fard à celle qui, pendant 21 jours, est venue partager leur quotidien.

`« Les mots c’est bien, mais quand tu le vis c’est autre chose ! »

Partager pour comprendre, et faire des films en se mettant à la place des gens : c’est le principe de 21 jours.

Dans cette série documentaire innovante, la journaliste Alexandra Alévêque passe de l’autre côté de la caméra, pour expérimenter pendant 21 jours le quotidien de ceux qu’elle rencontre. À chaque fois, tous les protagonistes ont été mis au courant de l’opération. Alexandra Alévêque se présente en toute transparence.

Pendant 21 jours, et quelle que soit l’expérience vécue, Alexandra Alévêque tient son journal de bord. Elle raconte, à la première personne, ses difficultés, ses surprises, ses a priori qui s’envolent. Elle est pour un temps ouvrière, non-voyante ou garde-malade, mais n’oublie jamais d’où elle vient, professionnellement et socialement. Elle est à la fois dedans et dehors, mi-observatrice et mi- participante.

Cet exercice d’empathie active a une durée calculée: 21 jours, c’est assez long pour prendre des marques, et assez bref pour garder du recul. En 3 semaines, et sans interruption, Alexandra Alévêque s’adapte, perd ses habitudes et en prend de nouvelles, et souvent y trouve empathie et tendresse.

L’une des ouvrières, collègue d’Alexandra, le résume d’une phrase: “les mots, c’est bien, mais quand tu le vis, c’est autre chose”.